Test: Objectifs M. ZUIKO F1,2 Pro d’Olympus

C’était à la fin de 2017 et la rencontre avait duré trois jours. Trois jours pour découvrir, utiliser et tester la gamme d’objectifs M. ZUIKO F1.2 Pro d’Olympus, soit le M. Zuiko Digital ED 17 mm f/1,2 PRO, le M. Zuiko Digital ED 25 mm f/1,2 PRO et le M. Zuiko Digital ED 45 mm f/1,2 PRO. « Vous serez éblouis par leur performance, même à ouverture maximale » nous avait lancé Eric Gensel, le spécialiste de la marque.

Que peut-on attendre de ces ­objectifs? En quelques mots : performance, bokeh à ­contour progressif, AF hyper-rapide et précis, ­solidité, compacité et qualité optique ­irréprochable. C’est du moins ce qu’Olympus affirme. Vrai que la ­compagnie, catalogue à l’appui, est dévouée en matière ­d’optiques. Depuis 1935, celles-ci sont réputées pour leur piqué, leur ­simplicité et leur ­construction solide. En caractères japonais ­kanji, « Zuiko » signifie ­littéralement « la lumière des dieux ». Avec un ­qualificatif de la sorte, on se doit de ­respecter un certain standard.

Bienvenue à Charleston

Notre groupe qui comprend photographes, chroniqueurs et rédacteurs est réuni dans la salle de conférence d’un hôtel de Charleston en Caroline du Sud à examiner ces ­objectifs qui feront partie de notre attirail pour le séjour. Beaux objets. Il suffit de les prendre en main et de jouer avec la bague de mise au point pour ­constater que c’est du solide. Rien à dire côté poids et gabarit; juste assez lourds pour confirmer la perception de qualité et juste assez légers et ­compacts pour suivre la ligne de pensée d’Olympus. Les trois modèles sont quasi-identiques. « C’est voulu, tranche Eric, nous désirions une constance pour toute la série. Non seulement pour le rendu du bokeh, mais aussi dans le format et le diamètre du filtre. Cette constance facilite la tâche aux photographes et aux vidéastes pour les accessoires. » Bonne idée, bien que je sais déjà que j’aurai du mal à les différencier. Je les range par ordre croissant de longueur focale dans le fond du sac sachant pertinemment que cette logique ne tiendra pas.

Le choix de Charleston n’est pas le fruit du hasard. C’est une ville de la côte est américaine réputée pour la douceur de ses hivers, ainsi que la beauté de ses jardins et de son architecture. « Comment vous assurer d’avoir trois jours de pluie ­consécutifs? » demande Eric. « Facile, préparez un évènement de presse où 90 % des activités se déroulent à ­l’extérieur! » On prévoit en effet de la flotte pour toute la durée du séjour. Eric se console : « Ce n’était pas le but premier, mais vous pourrez une fois de plus être témoin des qualités anti-intempéries de nos produits », blague-t-il.

On nous annonce de la pluie pour trois jour; « Ce n’était pas le but premier, mais vous pourrez une fois de plus être témoin des qualités anti-intempéries de nos produits » lance le représentant à la blague.

 
Bokeh à contours progressifs

Le bokeh, c’est la qualité du flou d’arrière-plan ­souvent obtenu avec l’utilisation de grandes ­ouvertures. Son aspect habituel avec des optiques de qualité consiste en un cercle plein et une ­transition franche avec la zone de netteté. Le nouvel atout d’Olympus, c’est le bokeh dit « à contours ­progressifs », où la transition entre le net et le flou se fait de manière graduelle ce qui, selon ­l’entreprise, contribue à faire ressortir le sujet et créer une illusion de profondeur à l’image. Le principe est en effet intéressant et va au-delà du discours marketing. Si on utilise ces nouveaux objectifs à f/1,8 et plus, le bokeh aura son allure familière. Par contre à f/1,2, la ­transition se fera plus en douceur minimisant ainsi son contraste avec le reste de l’image et créant une scène plus immersive. « Le beau bokeh, c’est celui qui est là, mais qu’on oublie », dit Eric.

Fraîchement débarqué du Japon, Kenji Ono, ­responsable de la recherche et développement pour la division imagerie d’Olympus et « père » de ces ­nouveaux objectifs, nous explique comment ces derniers sont nés. « La division médicale d’Olympus utilise un instrument de mesure de l’aberration pour évaluer la perte de netteté des systèmes optiques de leurs microscopes », dit-il. « Nous nous sommes inspirés de cet instrument pour en fabriquer un qui pourrait être utilisé avec les objectifs d’appareils photo. Ça nous a pris cinq ans! » Ils ont ensuite utilisé cette machine pour examiner une panoplie d’objectifs légendaires et mesurer la relation entre le bokeh, la résolution et l’aberration. Résultats en mains, ils se sont lancés dans la production des éléments et leur assemblage afin d’obtenir une performance optimale. « Rien qu’en déplaçant une lentille de cinq microns dans la construction optique, nous étions en mesure de constater une influence radicale sur le bokeh. »

Performance

Sur le terrain, les objectifs réagissent bien. La mise au point automatique est extrêmement rapide. Le ­photographe de rue en moi s’est vu charmé par la ­réactivité du système et sa construction à l’épreuve des intempéries. Même s’ils ne sont pas spécialement conçus pour la photo sportive, ils pourraient relever le défi avec brio. Les capteurs 4/3 ne sont pas parfaits, mais ils ont la particularité « d’allonger » la profondeur de champ, ce qui peut se révéler pratique dans certaines situations. Par exemple en photographiant un sujet à 2 m de distance avec un appareil plein cadre monté d’un objectif 90 mm ouvert à f1,2, la profondeur de champ sera de 3 cm. La même situation avec un ­appareil 4/3 monté d’un 45 mm (équivalent à 90) en donnera une de 7 cm. Une marge de manœuvre qui peut se révéler utile dans certaines situations. Le ­pare-soleil verrouillable est aussi une touche appréciée.

En tirant la bague de mise au point vers soi, on passe en mode manuel. Pratique, bien qu’on aurait apprécié un peu plus de résistance; on peut facilement faire la manœuvre par accident. Quoi qu’il en soit, cette gamme est ce qui se fait probablement de mieux en matière de focale fixe pour capteurs 4/3.

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